La sclérose en plaques (SEP) est la première cause de handicap non traumatique en France. Elle touche 2,5 millions de personnes dans le monde dont plus de 100 000 dans notre pays. C'est une des maladies les plus communes du système nerveux.
Qu'est-ce que la SEP ?
Action de la SEP sur le système nerveux central
La SEP est une maladie auto-immune du système nerveux central, c'est-à-dire une affection incurable et invalidante. Dans une gaine électrique, les fils qui permettent la conduction du signal électrique sont rassemblés à l'intérieur d'une gaine isolante. Le système nerveux fonctionne de la même manière : les fils conducteurs (les axones) sont protégés par une gaine de myéline.
La SEP est responsable de la destruction de cette gaine de myéline et entraîne une altération de la conduction électrique dans l'axone. Les informations envoyées par le cerveau au reste du corps sont de ce fait perturbées.
La maladie évolue par poussées inflammatoires dans 85% des cas. Ces poussées entraîneront une aggravation des symptômes préexistants en quelques jours voire quelques heures avant de se stabiliser. Actuellement, aucun traitement ne permet de guérir la sclérose en plaques.
Quels sont les symptômes ?
Multiples, pluriels, variés, complexes, nombreux… La SEP s'étendra de façon quasi totale en affectant l'ensemble des fonctions. Parmi les symptômes les plus fréquents : les troubles de la sensibilité (85% des patients), le signe de Lhermitte (90% des patients), les troubles de l'équilibre, l'inflammation du nerf optique.
La SEP et l'activité physique, prescrite ou proscrite ?
L'activité physique a longtemps été déconseillée pour les patients atteints de SEP. Il était notamment déconseillé de pratiquer du renforcement musculaire de peur d'accroître la spasticité. Suite à la publication de plusieurs recherches cliniques dans ce domaine, la tendance s'est totalement inversée ces dernières années. Il est désormais reconnu que la pratique physique et la lutte contre la sédentarité permettent de favoriser la résistance physique, de diminuer la fatigue et de s'inscrire comme un complément efficace aux traitements médicamenteux.
Effets de la sédentarité dans la SEP
Des phénomènes déjà présents dans la SEP comme la faiblesse musculaire, la fatigue, les troubles du sommeil ou la dépression vont se retrouver accentués par l'inactivité. C'est pourquoi il est nécessaire de sortir les patients de la spirale de la sédentarité afin d'augmenter les dépenses énergétiques.
Quelle activité pour quel symptôme ?
La fatigue
Une activité d'endurance est toute indiquée afin de maintenir son VO2 Max. Parmi les activités d'endurance proposées (aviron, natation, vélo…), il convient d'adapter cette pratique en fonction des autres symptômes présents. Les séances pourront durer de 15 à 30 minutes, avec 10 minutes d'échauffement et 15 minutes de récupération.
L'affaiblissement musculaire
Liée à la sédentarité et à l'évolution de la pathologie, cette faiblesse touche principalement les muscles des membres inférieurs. L'objectif ne sera pas de soulever de fortes charges mais de miser sur le nombre de répétitions faiblement chargées, ou des séances uniquement à poids de corps.
Les troubles de l'équilibre
Des pratiques douces nécessitant de la concentration peuvent être envisagées. Des exercices de proprioception à l'aide d'une échelle de rythme ou d'un marquage au sol font partie des options disponibles. D'autres activités comme la Slackline (à faible hauteur et avec une parade) permettent de travailler renforcement et équilibre.
La spasticité
Pour soulager ces tensions permanentes, des séances d'étirements sont fortement conseillées. Plus une personne est spastique, plus la durée de l'étirement devra être longue. Il est important d'encourager le pratiquant à les faire à tout moment de la journée, dès qu'il en ressent le besoin.
Et l'escalade dans tout ça ?
L'escalade thérapeutique est une activité émergente dans le paysage du Sport-Santé. Après des débuts timides, beaucoup de centres de soin et de rééducation sautent désormais le pas et proposent à leurs patients de tester cette activité.
L'escalade a beaucoup à offrir, tant au point de vue physique de par sa multiplicité de mouvements, que du point de vue mental, puisque chaque avancée sur le mur est en soi une petite victoire sur soi-même et sur la maladie.
Reconnecter le corps et l'esprit
Apprendre à vivre avec une pathologie comme la SEP n'est de loin pas une évidence. Il s'agit pour les personnes atteintes de constamment se réapproprier leur corps, de « s'accommoder » de nouvelles limites. Bien que l'escalade soit un sport qui se pratique seul ou en binôme, c'est aussi une activité qui fait la part belle à l'entraide et à la communication bienveillante entre les pratiquants.
Un véritable projet de soin
L'escalade est connue et reconnue pour être un sport très complet pour la rééducation de la motricité globale comme pour la motricité fine. L'escalade thérapeutique s'inscrit de ce fait dans un véritable projet de soin, à mener avec les équipes soignantes et les éducateurs sportifs. Il n'est pas nécessaire d'avoir déjà un niveau de base pour commencer, et la progression est souvent rapide et extrêmement satisfaisante pour les pratiquants.
Pour en savoir plus : Fondation ARSEP — Escalade thérapeutique, planetgrimpe.com



