Cet article traite majoritairement de l'alimentation. Alors, soyons clairs dès le départ : je ne suis pas nutritionniste ou diététicienne, mais il m'a semblé important d'évoquer ce sujet, si souvent lié à la pratique de l'activité physique. Qu'on le veuille ou non, tout est lié.

Qu'on souhaite prendre un nouveau départ, une bonne résolution, se reprendre en main, cela passe souvent par l'alimentation. « S'alimenter plus sainement » arrive souvent en tête de liste… Fini le chocolat, les pizzas, les fast-food. J'entame une cure détox et j'enfile mes baskets dès lundi !

Définition de la restriction cognitive

Quel risque dans tout ça ? Celui de tomber dans la restriction cognitive.

La restriction cognitive est une notion pas si récente puisque les premiers spécialistes à en parler datent de 1980. Pourtant, ce mécanisme est encore peu connu et peu appliqué par les professionnels de la nutrition.

Voici la définition de la restriction cognitive : « Intention consciente de restreindre ses apports énergétiques dans le but de perdre du poids ou de ne pas en prendre. »

Nos croyances alimentaires

Aliments et pèse-personne

Pour être plus claire : on veut manger sainement et on se fie à nos croyances en pensant manger mieux. Un exemple concret de croyance : « manger mieux c'est manger sans gluten ». Et bien non, pas forcément…

D'autres exemples de croyances alimentaires qu'on connaît tous : il faut manger 3 repas par jour (et surtout léger le soir !), il faut manger à heure fixe, sauter le petit déjeuner fait grossir, il existe des aliments à calorie négative, les bons/mauvais aliments (le citron « brûle-graisse »…). Difficile à croire, mais il ne s'agit là que de croyances populaires, il n'y a pas de vérité scientifique derrière.

La notion de plaisir

Autre risque de la restriction cognitive : l'anesthésie des sensations physiologiques de faim et de satiété. Au fur et à mesure que s'installe la restriction cognitive vous perdez donc ces sensations de faim et de satiété.

On perd au fur et à mesure la notion de plaisir. Puisque manger fait prendre du poids, il faut donc manger « utile » et non par plaisir. Le programme devient de moins en moins joyeux.

Les mécanismes de culpabilisation

La restriction cognitive n'est pas un état stable, il s'agit en fait d'une alternance entre une phase de contrôle (source de beaucoup de frustration) et une phase de désinhibition (source de beaucoup de culpabilité). Il y a tout un système de gestion des écarts qui se met en place : si vous craquez pour un aliment de la team « C'est MAL », vous allez aller à la salle de sport ou ne pas manger au repas suivant.

Les régimes alimentaires (phase de contrôle)

Le choix est grand ! Des régimes nous en connaissons tous : Weight watchers, soupe de chou, Dukan, Atkins, Chrono-nutrition, Dr Cohen, Citron détox… Les apports caloriques dans ces régimes vont de 575 kcal/jour (citron détox) jusqu'à 2638 kcal/jour (l'une des phases du régime Dukan). La plupart de ces régimes ont été dénoncés par l'ANSES.

Les troubles alimentaires (phase de désinhibition)

Très souvent le contrôle alimentaire ne va pas tenir. Quand le contrôle ne tient pas apparaît la phase de désinhibition, qui démarre : quand on est exposé aux aliments « interdits », lors de prise d'alcool ou de médicaments, ou lorsqu'il y a une surcharge cognitive (fatigue, stress, situations émotionnellement chargées).

Ce mécanisme de restriction cognitive ne concerne pas seulement les personnes atteintes de troubles alimentaires, peut-être avez-vous reconnu certains de vos propres comportements.

Quelles sont les solutions proposées ?

  • Introduire un peu de souplesse
  • Faire l'expérience d'une alimentation plus intuitive : être à l'écoute de son corps
  • Apprendre à différencier la sensation de faim et l'envie de manger
  • Reconnaître que notre poids de forme n'est pas forcément notre poids idéal

En conclusion, encore et toujours : faites-vous plaisir et surtout faites-vous confiance !

Pour aller plus loin :

Site officiel de l'ANSES : anses.fr